Stage bio CODEP 21 aux Embiez 19 et 20 juin 2010

Embiez-Bio-codep21-2010Ce stage fut placé, pour des raisons que vous découvrirez en lisant cette page, sous le patronnage de Bombus terrestris, le bourdon terrestre, facilement reconnaissable à son cul blanc.

Bombus terrestris-Bio-codep21-2010

Le bourdon terrestre est un hôte extrêment fréquent de l’île des Embiez, et son butinage incessant contraste avec le calme des lieux, lorsqu’on est à l’abri du vent. Il n’est bien évidemment pas le seul insecte de l’île, et l’observateur attentif ne tardera pas à découvrir la faune innombrable qui se cache parmi la végétation. Le discret coléoptère Oxythyrea funesta (drap mortuaire), au nom prédestiné pour cette sortie bio, figurera certainement parmi les premières découvertes de l’observateur.

Oxythyrea funesta-Bio-codep21-2010

On pourra aussi rapidement apercevoir des coléoptères plus colorés, comme Mylabris quadripunctata, le mylabre à quatre points, ici au travail sur un bouquet de cinéraire maritime.

Mylabris quadripunctata-Bio-codep21-2010

Les abeilles sauvages, comme ce beau Halictus scabiosae, ne sont évidemment pas en reste.

Abeille-Bio-codep21-2010

Les butineurs ne sont pas seuls au monde, et les hémiptères, comme ces juvéniles de la punaise verte Nezara viridula, participent également à la fête.

Nezara viridula-Bio-codep21-2010

Mais résumer la vie sur l’île des Embiez aux insectes serait évidemment réducteur. La flore, abondante sur cette île protégée, permet de prendre conscience des richesses des abords de notre mer Méditerranée. Le cinéraire maritime, Senecio cineraria, aujourd’hui largement acclimaté dans nos jardins, y pousse ici naturellement.

Senecio cineraria-Bio-codep21-2010

La scabieuse colombaire, Scabiosa columbaria, est ici chez elle parmi les prés secs qui bordent la côte.

Scabiosa columbaria-Bio-codep21-2010

La carotte à gomme, Daucus gummifera, abonde également à proximité de la côte.

Daucus gummifera-Bio-codep21-2010

C’est ici l’occasion de revoir notre ami le bourdon terrestre, qui n’utilise cette carotte que pour ses fleurs.

Bombus terrestris2

En parlant de carottes, la queue de lièvre, Lagurus ovatus, reconnaissable entre toutes, est fréquemment rencontrée dans les buissons.

Lagurus ovatus-Bio-codep21-2010

Des orobranches, plantes parasites dépourvues de pigments verts, sont également observables par endroit.

Orobranches-Bio-codep21-2010

Les figuiers des Hottentots, ou crocs de sorcières, Carpobrotus edulis, recouvrent parfois de vastes surfaces de roche. Cette espèce, originaire d’Afrique du sud, est aujourd’hui considérée comme invasive dans de nombreuses régions, en raison de sa capacité de développement importante. Si une petite faim vous guette, sachez que son fruit est comestible (cette plante fait partie de la vaste famille des ficoïdes).

Carpobrotus edulis-Bio-codep21-2010

Autre espèce importée, cette fois-ci du Mexique, l’Agave d’Amérique, Agave americana, est facilement repérable dans le milieu.

Agave americana-Bio-codep21-2010

Cette plante ne fleurit qu’une fois, de manière particulièrement imposante, puis meurt.

Agave americana2-Bio-codep21-2010

Le parcours des côtes de l’île permet d’appréhender certaines spécificités écologiques des côtes méditerranéennes. Il est ainsi possible d’observer la présence, sur certaines plages, d’épaisses banquettes constituées des feuilles mortes de posidonies déposées lors des tempêtes.

Banquette-Bio-codep21-2010

Les arbres côtiers marquent par leur orientation le sens du vent dominant (qui a dit que le mistral soufflait ici ?). Ce phénomène, rencontré sur toutes nos côtes, s’appelle l’anémorphisme. Il est d’autant plus marqué que des vents violents, chargés d’embruns salés, soufflent sur la zone. L’image qui suit montre que le vent ne fait pas mine de souffler sur la côte Nord-Ouest des Embiez !

Anemomorphisme-Bio-codep21-2010

Mais, me direz-vous, un stage bio CODEP n’est-il pas sensé se dérouler sous l’eau ? Je me dois à présent de vous présenter une autre vision de ce week-end agité ! Tout avait bien commencé, le bac nous attendant à l’heure prévue pour rejoindre la terre promise. Les valeureux stagiaires étaient tous présents, prêts à remplir leurs esprits des mille et une facettes de la vie aquatique.

Bac-Bio-codep21-2010

L’arrivée sur l’île, sous un soleil couchant magnifique, laissait augurer de deux journées de pur bonheur, à peine bercées par un doux clapot.

Coucher-Bio-codep21-2010

Les premiers gestes sur l’île nous ramenèrent à une réalité plus cruelle : un sac de plongée et un sac d’affaires propres et sèches représentent toutes deux des charges lourdes lorsqu’il s’agit de les porter jusqu’à l’hôtel. On l’a toujours dit : vive le tennis de table (s’il ne faut pas porter la table…).

Portage-Bio-codep21-2010

Une fois le souffle retrouvé après tant d’efforts, une autre réalité, non moins cruelle, se rappela à nous. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé écrivait Lamartine. Un seul objet commun vous manque et tout est compliqué lui répondra sans doute le plongeur peu précautionneux débarquant sur l’île des Embiez. Qui savait que le papier toilette était désormais devenu un objet de luxe dans les résidences hôtelières ?

Papier-Bio-codep21-2010

Sept est le chiffre biblique par excellence. C’est aussi, exprimé dans l’échelle Beaufort, une bonne indication pour signaler aux plongeurs qu’il est temps de passer à la pétanque… Nos valeureux stagiaires n’ont pas écouté ce principe de sagesse et le groupe A, fier et conquérant, a appareillé vers 9h00.

Equipement-Bio-codep21-2010

Au départ, on sentait poindre une note d’humour chez les membres de l’équipe B, attendant patiemment leur tour sur le quai, cheveux au vent (frais…).

Amusement-Bio-codep21-2010

Cinq minutes, c’est le temps nécessaire au bateau pour sortir du port des Embiez. C’est aussi le temps durant lequel l’équipe A pu profiter du soleil et d’une combinaison sèche. Les choses évoluèrent ensuite rapidement et les plongeurs purent bénéficier gratuitement d’une mise à température progressive grâce à un arrosage intensif.

Embruns-Bio-codep21-2010

L’avantage du gros temps, c’est que les passagers ne pensent plus qu’ils vont être malades. Le mal de mer fut donc le grand absent de cette sortie arrosée. Ce ne fut pourtant pas faute de tangage et de roulis !

Gros temps-Bio-codep21-2010

« Je connais un endroit calme où vous pourrez plonger malgré le mistral » nous disait le Capitaine. « Un vrai lagon, une piscine… ». Force fut de constater que la piscine s’était transformée en jacuzzi et que, à moins de ne pas aimer son prochain, il était préférable de rebrousser chemin.

Jacuzzi-Bio-codep21-2010

Nos valeureux stagiaires, après retour au port et séchage, sont donc revenus à des pratiques sportives habituelles, nécessitant un entraînement physique adapté et rigoureux : le lever de coude. Les livres de biologie marine étaient cependant de sortie, et chacun pu décrire et commenter les espèces qu’il aurait du voir dans le jacuzzi.

Bieres-Bio-codep21-2010

La côte au vent de l’île semblant propice à la plongée du bord, il fut décidé de partir à pied l’après-midi pour rejoindre le sud-est de l’île afin de mettre enfin la tête sous l’eau. La plongée se déroulera donc sur une classique biocénose de la roche infralittorale à algues photophiles (pas la peine d’espérer descendre très bas!), une biocénose idéale pour un stage bio (vu d’un encadrant bio, pas nécessairement d’un plongeur…).

Depart-Bio-codep21-2010

La mise en route d’une quarantaine de plongeurs à travers l’île ne passa pas inaperçue, l’équipement lourd étant transporté grâce à deux véhicules généreusement mis à disposition. Le soleil étant de la partie, malheur à celui qui s’était totalement équipé avant le départ !

Marche-Bio-codep21-2010

L’arrivée sur la plage de Coucoussa ne fut pas particulièrement discrète, conduisant rapidement au départ de quelques baigneurs, à qui nous devons présenter toutes nos excuses. La descente vers la plage n’était pas particulièrement acrobatique mais nécessitait cependant une certaine attention, particulièrement avec le bloc sur le dos.

Plage-Bio-codep21-2010

La mise à l’eau de la plage ne fut pas un problème, malgré la présence de gros blocs rocheux et une houle parfois pernicieuse. Les observateurs attentifs (et patients…) auront cependant noté la facheuse tendance des plongeurs bio à causer de ce qu’ils vont voir avant de se mouiller, éternisant ainsi la phase de mise à l’eau.

Mise a l eau-Bio-codep21-2010

Les algues rencontrées sur le site sont tout à fait représentatives de la biocénose de la roche infralittorale à algues photophiles. On reconnaîtra aisément sur la photo ci-dessous Padina pavonina (Padine), Dictyota linearis, Acetabularia acetabulum (Acétabulaire), Stypocaulon scoparia (Balai de mer)

APIC-Bio-codep21-2010

L’herbier à posidonies présent, autre biocénose classique de ces petits fonds, reste en bon état.

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La faune rencontrée parmi les blocs rocheux est un grand classique. On y trouve naturellement de nombreux échinodermes, comme les oursins Arbacia lixula et Paracentrotus lividus ou l’étoile de mer épineuse Coscinasterias tenuispina (désolé pour la qualité de la photo; ce n’est pas l’étoile qui bougeait trop vite pour la photo, mais la houle qui secouait bien le photographe…).

Coscinasterias tenuispina-Bio-codep21-2010

On y trouve aussi de nombreux pagures, comme Pagurus anachoretus, ici bien à l’abri dans une coquille de Cerithium vulgatum

Pagurus anachoretus-Bio-codep21-2010

Ces fonds sont également le royaume des mollusques comme le rocher fascié, Heraplex trunculus

Heraplex trunculus-Bio-codep21-2010

Ces murex sont actuellement en période de reproduction, et il est donc possible d’observer, flottant librement au fond, des amas d’oeufs. Ces amas sont produits par plusieurs individus se regroupant au moment de la ponte

Ponte-Bio-codep21-2010

Les blocs rocheux hébergent également un bryozoaire caractéristique, se présentant sous la forme de croûtes brun foncé, Reptadeonella violacea. Il faut s’approcher de très près pour pouvoir observer les lophophores

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Bien cachée dans les anfractuosités entre les rochers, l’anémone Aiptasia mutabilis est un hôte très classique de cette biocénose. L’animal peut libérer, lorsqu’il est importuné, des aconties blanches, filaments urticants pratiquement uniquement composés de cnidocystes, bien visibles par transparence dans les tentacules de l’animal. Malgré cet appel à la prudence, il peut être intéressant pour le plongeur de « tripatouiller » un peu cette anémone, car elle abrite fréquemment de petites crevette transparentes Peryclimenes, qu’on ne pourra voir que si l’anémone se rétracte.

Aiptasia mutabilis-Bio-codep21-2010

Une grande partie de la vie sur ce fond de blocs est cachée sous les pierres. Il faut donc les soulever délicatement (en n’oubliant pas de les remettre en place !) pour pour prendre conscience de la richesse des lieux. On y découvre alors une vie foisonnante, avec notamment de nombreuses éponges (dont la belle éponge encroûtante bleue Terpios gelatinosa, bien visible ici au centre de la photo)

Dessous-Bio-codep21-2010

Outre les éponges, les dessous de blocs abritent très fréquemment des chitons. L’un des chitons fréquents sur ce site de plongée était le chiton blanc, Lepidopleurus cajetanus, aisément reconnaissable par sa forme et sa couleur.

Lepidopleurus cajetanus-Bio-codep21-2010

Il était également possible de rencontrer le chiton olive, chiton olivaceus, bien connu des plongeurs bio (du moins ceux qui ne dorment pas en cours…).

Citon-Bio-codep21-2010

La recherche sous les pierres permet parfois de repérer d’autres animaux moins fréquents, comme la lime, Lima hyans, qui partira rejoindre une cachette en battant ses deux valves, ou des annélides polychètes, comme la souris de mer, Aphrodite aculeata. Ce vers possède des soies rigides sur les côtés du corps dont il faut se méfier, car elles sont urticantes. L’animal présent sur la photo est situé à proximité d’une algue classique de la biocénose de la roche infralittorale à algues photophiles : Liagora viscida, immédiatement reconnaissable par sa forme très singulière et sa couleur blanche.

 Aphrodita aculeata2-Bio-codep21-2010

Le seul grand absent de ce faciès typique à Stypocaulon scoparia aura finalement été le saccoglosse Elysia timida, généralement fréquent dans ce type de milieu, et ici totalement absent

Elysia timida-Bio-codep21-2010

La présence sur le site de plongée de roches de taille plus importante permet l’apparition de surplombs, et l’implantation d’une faune et d’une flore très différente, plus typique des fonds habituellement fréquentés par les plongeurs. On peut alors repérer des parterres d’anémones encroûtantes, Parazoanthus axinellae, et l’ascidie rouge Halocynthia papillosa.

Halocynthia-Bio-codep21-2010

Ces surplombs abritent également de nombreuses éponges, comme l’éponge de cheval, Hippospongia communis, ainsi appelée car elle servait autrefois à fabriquer des éponges pour panser les chevaux, plus rèches que notre classique éponge de toilette.

Hippospongia communis-Bio-codep21-2010

Le squelette de ces éponges peut parfois être retrouvé sur les plages, notamment après les tempêtes d’hiver.

Eponge-Bio-codep21-2010

On y rencontre également la forme orange de la clathrine, Clathrina clathrus,ici photographiée à proximité de l’algue Udotea petiolata, autre hôte habituel des surplombs et de la biocénose des algues sciaphiles.

Clathrina clathrus-Bio-codep21-2010

La sortie de l’eau ne fut pas des plus élégantes pour tout le monde, les organisateurs ayant choisi de nous montrer par l’exemple la proximité phyllogénique existant entre le plongeur et le phoque moine, espèce emblématique de la Méditerranée, aujourd’hui en voie d’extinction.

David-Bio-codep21-2010

Si cette plongée du bord fut l’unique plongée du week-end pour la plupart des stagiaires, certains petits veinards eurent l’occasion, le dimanche matin, de rencontrer de nombreuses espèces méditerranéennes souvent rêvées par les plongeurs. Parmi celles-ci, on peut évidemment citer l’hippocampe Hippocampus guttulatus, qui semble ici courroucé qu’on puisse lui tirer le portrait.

Hippocampus guttulatus-Bio-codep21-2010

On y rencontra également le cousin germain de l’hippocampe, le Syngnathe.

Syngnathe-Bio-codep21-2010

Le sparaillon, Diplodus annularis, est le plus petit sar rencontré dans nos eaux. Il est immédiatement reconnaissable à ses nageoires pelviennes jaunes.

Diplodus annularis-Bio-codep21-2010

La grande cigale de mer, Scyllarides arctus, aujourd’hui très difficile à rencontrer en plongée, est une espèce strictement protégée en France et en Europe.

Scyllarides arctus-Bio-codep21-2010

Ces rencontres merveilleuses ne se firent malheureusement pas au fond de l’eau (toujours aussi agitée avant l’arrivée de la pluie…) mais dans l’aquarium des Embiez, qu’on ne peut qu’inciter à visiter.

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La visite de l’île vaut le détour, car outre la flore évoquée précédemment, les paysages sont magnifiques (ici la plage des Allemands).

Plage allemands-Bio-codep21-2010

La pluie arriva juste après le repas de dimanche midi. Cette pluie calma bien les ardeurs du vent et aurait probablement rendu plusieurs sites plongeables. Mais l’ardeur des plongeurs avait-elle aussi été vaincue, et le retour par le bac fut donc plus rapide que prévu initialement.

Bac2-Bio-codep21-2010

Malgré la météo maussade pour achever ce stage en demi-teinte, les sourires s’affichaient sur les visages. Comme quoi un plongeur peut être heureux même hors de l’eau…

Retour-Bio-codep21-2010

Allez, la prochaine fois on emmènera le beau temps avec nous depuis Dijon !

 

 

Par Christophe Quintin

 

*Malgrés les contretemps, le responsable de la commission bio du CoDep 21, Christophe MF1 Bio et les IFBS présents ont pu valider les niveaux Bio.

 

Pour le CSLG Bourgogne : Romain est N1 Bio

                                               José Manuel est N1 Bio

                                               Jean Marie est N2 Bio

Groupe-BIO-19-20-juin-2010

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